Le jeûne

On pense souvent que le jeûne n’est plus une pratique religieuse en usage chez les chrétiens et qu’elle est réservée aux religions juive (Kippour) et musulmane (Ramadan). C’est ignorer que les chrétiens orientaux sont restés très attachés à cette forme d’ascèse de pénitence, à laquelle notre Eglise nous invite, nous aussi, surtout le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint. Le sens biblique du jeûne est de nous mettre dans une attitude intérieure d’humilité devant Dieu, permettant une conversion du cœur. Jésus n’a pas dénoncé la pratique du jeûne mais seulement le risque de formalisme d’un jeûne « accompli pour être vu des hommes ». Il a mis surtout l’accent sur le détachement vis à vis des richesses, la continence volontaire, le renoncement à soi-même. Le jeûne qui plait à Dieu ouvre le cœur à Sa grâce et au prochain, c’est pourquoi il est inséparable de l’aumône et de la prière. Réjouissons nous que nos deux paroisses nous aient proposé en ce carême une démarche de jeûne, partage et prière d’adoration. Mais pour un chrétien, le jeûne est d’abord la privation du Bien-Aimé, le Christ, et sa recherche incessante jusqu’à ce qu’Il revienne.

Anne Viry