La tempête

                                         La Tempête

Tempête apaisée, vent et mer lui obéissent : qui est-il donc ?

                  De manière paradoxale le Salut est apporté par la Tempête : Jonas jeté à l’eau est sauvé et peut accomplir à Ninive son œuvre de Salut ; Paul par son naufrage à Malte peut en guérir les habitants. Combien de terres nouvelles découvertes à l’issue de tempêtes ?

                  C’est que, dans la tempête (dans le danger, dans les épreuves) l’homme comblé de facilités matérielles découvre sa fragilité devant sa présomption à comprendre et gouverner la nature, comme Job déjà ; il crie vers Dieu, seul vrai moyen pour survivre. Dans la difficulté, le danger, la tempête, chacun peut prendre la mesure de sa faiblesse et de ses capacités, ressentir son besoin de Salut ; prier le Fils « par qui tout a été fait », le Seigneur qui sauve, qui est la vraie Vie et tire l’homme de sa détresse.

Ce que craignait le marin c’était le calme plat prolongé, « de l’eau tout autour et rien à boire », et le voyageur dans la plaine le marécage qui l’engloutit. Dans la facilité, toutes les tentations d’amollissement, tous les pièges, s’ouvrent aux hommes ; alors que c’est le temps pour se former, s’entraîner à vaincre les obstacles, les épreuves à venir pour se préparer à s’occuper de l’essentiel. Alors, « Levez-vous vite orages désirés » ? Nous faut-il attendre la tempête pour changer de vie, « passer sur l’autre rive » et recevoir les moyens du Salut ?

Patrick Cantin