La crémation

Une majorité de français choisissent à leur mort de se faire incinérer (52% contre 48%). On pourrait croire que cette technique funéraire qui consiste à brûler le corps et à placer les cendres dans une urne est fortement liée à la baisse de la pratique religieuse chrétienne qui privilégie l’inhumation. Elle est pourtant choisie par 41% des croyants. Leurs arguments, soutenus par des associations crématistes, sont que c’est moins cher, plus propre, plus écologique. On se demande si le cimetière, avec ses tombes fleuries le jour de la Toussaint, lieu du souvenir, du recueillement et de la succession des générations, ne sera pas, à terme, une notion désuète. L’Eglise catholique, depuis 1963, permet la crémation pourvu qu’elle ne manifeste pas une opposition à la résurrection des corps et qu’une célébration religieuse la précède. Elle demande que l’urne cinéraire trouve un accueil définitif dans un cimetière. Elle rappelle à cette occasion la conception chrétienne de la personne. Le corps humain n’est pas un objet qu’il faut faire disparaître proprement et sans trace, la personne n’est pas une chose mais un être corporel et spirituel qui ressuscitera à la fin des temps.

Valentine de Chillaz