Dysmas, le premier canonisé

Après avoir donné un nom aux rois-mages, il fallait bien nommer aussi le bon larron. Ce fut Dysmas. Qu’il fut canonisé de son vivant mérite bien que l’on s’arrête sur son sort, en ce jour de Pâques. Car il est des nôtres. Si nous sommes loin de la sainteté, Zachée, Marie-Madeleine, Simon-Pierre et Dysmas nous réconfortent. Avec eux, nul ne peut plus se dire tellement pécheur qu’il sera exclu des grâces de Notre Seigneur. Si nous ne savons rien de la vie de Dysmas dans les Évangiles, les écrits apocryphes comblent heureusement cette lacune. Ce larron aux mains sanglantes appartenait à une bande organisée de voleurs cruels. Ils avaient l’habitude de se répartir leur butin à tour de rôle. Quand ce fut le jour de Dysmas, la Sainte Famille, en route pour l’Égypte, passait par là. Or il n’y avait rien à prendre. Dysmas résolut alors de vendre la mère, et de garder l’enfant comme esclave. Mais le sourire de Jésus adoucit son cœur à tel point qu’il renonça à sa vie de truand, et accueillit la Sainte Famille chez lui. Sa femme donna un bain à l’Enfant, dont l’eau devint miraculeuse… On ne dit pas pourquoi Dysmas dut quand même subir la crucifixion trente ans plus tard. Mais le Christ se souvint de lui : « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis ». Arrivé au Ciel avant tout le monde, Dysmas dut attendre, avec Énoch et Élie, que le Christ ressuscité remonte des enfers entouré de la cohorte enthousiaste et bruyante de tous les sauvés, Adam en tête !

Père Sébastien Neuville